Vadia dépassa un groupe de soldats sans leur prêter la moindre attention. Le front en sueur, il bifurqua à gauche, se repérant sans peine dans labyrinthe de couloirs obscurs, et pour cause, il les parcourait depuis maintenant douze ans, a faire des livraisons dans tout les recoins du palais. Pourtant, en douze ans, jamais il n’avait eu aussi peur qu’a ce jour. Il avait reçu sa missive des mains d’un émissaire qui revenait d’une longue mission et avait pour ordre de la donner à l’empereur en personne. D’après les rumeurs, il tuait systématiquement les messagers si la nouvelle ne lui plaisait pas, et parfois même si les nouvelles étaient bonnes, simplement par plaisir. Priant pour qu’il soit d’humeur clémente, il s’engouffra dans un passage plus obscur, connu de peu de gens, mais qui menait directement au cœur de a citadelle. Arrivé à proximité des quartiers de l’empereur, il fut arrêté par deux colosses en armure, chacun muni d’une hallebarde qu’ils semblaient pouvoir manier avec aisance. Jugeant peu prudent de prendre du retard, il leur lança en leur tendant le parchemin :
- J’ai une missive importante pour l’empereur, signée de la main de messire Artosio.
Le plus grand des deux, et apparemment le plus âgé, examina la cire qui scellait le parchemin, avant de lui rendre :
- Tout est en règle, vous pouvez passer.
Puis il se tourna vers l’autre garde, et lui ordonna :
- Accompagne-le au domaine de l’empereur
Le plus jeune acquiesça, puis se retourna pour partir. Vadia lui emboita le pas, songeant aux supplices que l’empereur lui ferait subir s’il s’avérait que le message annonçait un problème.
Au fur et à mesure qu’ils avançaient, le décor changeât. Le mobilier devenait moins ostentatoire, mais beaucoup plus imposant. Cette sensation d’impuissance se renforçait par la hauteur du plafond et les dimensions des pièces qui s’agrandissaient au fur et à mesure qu’ils approchaient de leur objectif. Au bout d’une dizaine de minutes, ils se retrouvèrent devant une immense porte.
Le moment est venu, se dit Vadia, mort de peur a l’idée de ce qui l’attendait. Sans dire un mot, il regarda le garde retourner à son poste, songeant que les choses ne seraient pas aussi facile pour lui. Pris d’une envie soudaine de faire demi-tour et de s’enfuir, il parvint a trouver du courage et frappa a la porte.
Suhnkar planchait sur une affaire délicate, quand on frappa à la porte. D’un geste, il fit s’ouvrir cette dernière pour voir qui le demandait. Il s’agissait d’un homme d’âge mur, visiblement apeuré, et tenant une missive à la main. Quand celui-ci vit que la porte s’était ouverte seule, il sursauta, puis trembla de plus belle. Cela ne l’empêcha pas de poser un genoux a terre, avant de dire :
- Maitre, voici une missive qui m’a été confiée par Artosio, revenu hier de la mission que vous lui avez confiée. Il m’a demandé de vous la remettre au plus vite.
Suhnkar fit voler la missive de la main du messager a son bureau, puis entreprit de la lire. Pendant qu’il l’étudiait, le messager garda son genoux a terre et la tête baissée, ne cherchant a aucun moment de croiser le regard de son maître. Suhnkar se délecta un moment de ce silence terrorisé, avant de prendre la parole d’un ton amical :
- Je suppose que vous voulez savoir ce que contient cette missive, pour laquelle vous pensez avoir pris tant de risques.
Le messager leva la tête, intrigué, puis répondit :
- Je ferais ce qu’il vous plaira, maître
L’empereur sourit, amusé d’une telle soumission, puis répondit toujours avec le même sourire bienveillant :
- Relève-toi, tu ne comptes pas dépoussiérer le plancher tout de même ! Je vais t’expliquer de quoi il s’agit. Tu vois qui est Artosio je crois. Je lui avais demandé la liste des érudits et des penseurs de l’empire que j’ai créé. Leur présence, contrairement a ce qu’ils disent, provoque des troubles au sein du royaume. Ceux-ci mettent des idées d’utopie dans l’esprit des gens, leur fournissant des espoirs qui les décevront a jamais. Ils disent que je suis cruel. T’ais-je mal traité ? Ais-je demandé a ce que tu sois châtié pour ton manque de foi (le messager tressaillit a cette déclaration) ? Contrairement à ce que l’on dit, je ne veux que le bien du peuple. Eux, par contre, lui donnent des rêves en leur mentant sur la bienfaisance de l’empire, pour que ces espoirs soient ensuite brisés quand ils se rendent compte que c’est impossible. C’est pourquoi, pour le bien de tous, j’interdis l’apprentissage de l’art de lire et écrire. Je le réserve uniquement a ceux qui en ont vraiment besoin, les magistrats, les juges, les capitaines, et rien de plus. Te portes-tu plus mal parce que tu ne sais ni lire, ni écrire ? Bien sur que non, avec cette connaissance tu n’aurais pas décroché ce poste, car le commissaire du palais, apprenant que tu savais lire, aurait craint que tu sois un espion a la solde des ennemis de la cause (le messager sursauta de nouveau). Tu ne crois pas à leur existence ? Pourtant ils sont, la, prêts à appauvrir les honnêtes personnes qui vouent leur vie au bien. Si l’analphabétisme se répand, bien des personnes s’en porteront mieux, comme toi. A présent, tu peux t’en aller, je te remercie de m’avoir écouté.
A présent, le messager était plus confiant. Le regard plein d’espoir, il remercia l’empereur de l’avoir éclairé de sa sagesse, et s’inclina bien plus profondément et plus spontanément, puis tourna le dos pour prendre congé. L’empereur le regarda, souriant en lui-même. Ainsi, comme il le voulait, les gens perdaient leur volonté d’apprendre et de comprendre réellement, se contentant de gober tout ce qu’on pouvait leur dire, n’ayant pas d’autre source d’information. Si l’art de savoir lire se perdait, il aurait gagné la partie et pourrait régner confortablement. Sur cette pensée, il tendit un bras en direction du messager content de lui, et le cœur de ce dernier explosa.
Bonjour a tous, voici un RP que j'avais créé pour un event que j'ai finalement annulé, merci de me dire ce que vous en pensez si vous avez 2 secondes pour le lire
du coup il a plus aucun cadre donc j'en profiterais pour faire quelques retouches sur la deuxième partie